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La mort lente et douloureuse des ingénieurs français…

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Vous le savez, nous commençons à sortir d’une période difficile pour l’ensemble des acteurs économiques Français ! Mais cette crise n’a pas eu que des aspects négatifs pour les grands acteurs du CAC40. Effectivement, ces derniers, sous couvert des difficultés ambiantes, en ont profité pour mettre en place tout un tas de mesures leur permettant de faire des économies et de garder plus ou moins leurs niveaux de bénéfices.
Je vous propose de voir en quoi ces mesures, passées inaperçues pour la majorité d’entre nous, va avoir des impacts à moyen et long terme sur notre condition de consultants en SSII.

 
 

Réduction globale des coûts pour faire face à la crise

Inutile de vous faire un dessin, même en période de crise, les actionnaires des grands groupes du CAC40 aiment garder un niveau de dividendes confortable. Aussi, les DSI de ces grands groupes ont été contraints par leurs hiérarchies à se serrer la ceinture. Les principaux coûts des entités informatiques étant des coûts de personnel, ils se sont creusé la tête pour trouver des moyens d’économiser, en particulier sur les prestataires.

Ils ont bien sûr licencié des gens, remplacé des intervenants expérimentés par des jeunes etc…Ce qui leur a permis de faire une première « purge » de leurs équipes.

Mais ils ont également décidé d’appliquer une politique de « massification » des prestataires

 
 

Massification des prestations auprès des grosses SSII

En quoi consiste la massification ? C’est très simple : Là où une société du CAC40 travaillait avec une multitude de SSII (petites, moyennes et grosses) avant la crise, ils ont décidé d’éliminer les plus faibles pour se concentrer sur les plus grosses. Ainsi, ils ont négocié des accords globaux stipulant qu’ils attribueraient plus de parts de marché à ces grosses SSII en échange de baisses significatives de tarifs.

C’est exactement ce que fait la grande distribution lorsqu’ils achètent des boites de petits pois (oui, la comparaison peu flatteuse est volontaire !!!). Ils en commandent plus chez un seul gros fournisseur pour payer moins cher.

Conserves

Au final, les DSI sont heureux car ils réduisent leurs coûts pour le même nombre d’intervenants, les grosses SSII sont heureuses car ils gagnent des parts de marché et augmentent leurs bénéfices malgré une baisse des tarifs de facturation, et les petites SSII meurent… Mais ça, ce n’est pas le problème des actionnaires des grands groupes ! Eux, ils continuent de percevoir tranquillement leurs dividendes, pendant que les consultants se font licencier et que les petites sociétés déposent le bilan…

 
 

Le référencement comme barrière d’entrée

Vous avez sans doute déjà entendu parler de référencement. Le référencement est une sorte de « droit d’accès à la prestation » mis en place par les services achats. Sans être référencé auprès d’un grand groupe, une SSII ne peut pas placer de consultants en prestation chez ce client.

Aussi, le référencement est devenu l’outil grâce auquel la politique de massification a pu commencer à se mettre en place.

Dans la plupart des grands groupes du CAC, 30 à 50 SSII étaient référencées et pouvaient donc travailler tranquillement. Aujourd’hui, la plupart des services achats ont restreint la liste de sociétés référencées à une dizaine de SSII. Et ce sont souvent les mêmes grosses SSII qui sont référencées d’un grand groupe à l’autre…

 
 

Résultat : salaires en baisse à l’embauche pour les consultants

Quelles sont les conséquences de tout ce mécanisme pour nous consultants ?

C’est encore une fois très simple : les tarifs de facturation (TJM) ont diminué pendant la crise. Mais les référencements qui contraignent les SSII à appliquer ces tarifs « de crise » eux vont rester même une fois la croissance économique revenue. L’ensemble des appels d’offres pour ces postes dans les grands groupes seront concentrés sur quelques SSII qui pourront donc appliquer les salaires à l’embauche qu’ils désirent puisque vous n’aurez pas vraiment le choix des structures par lesquelles passer, les SSII de taille inférieure ayant été déréférencées.

Les recruteurs vous expliqueront que les tarifs de facturation chez ce client prestigieux sont bas et que donc, si vous voulez avoir la chance de faire paraître une telle expérience sur votre CV, il faudra accepter un salaire médiocre.

Bref, la conséquence directe pour vous sera la baisse des salaires. Mais rassurez-vous, ce que vous perdrez ainsi sera récupéré par les actionnaires qui en ont besoin, eux, pour devenir encore plus riches qu’ils ne le sont déjà…

L’étape suivante, qui a déjà bien commencé, sera de délocaliser le plus de services informatiques possible dans des pays à main d’œuvre peu chère : l’Inde, la Pologne, le Maroc etc… Mais je vous parlerai de cela dans un article dédié.

Tout cela se passe sous nos yeux, mais je préfère le mettre noir sur blanc car ces gens-là sont en train de ruiner l’ingénierie Française et je constate que personne ne s’en offusque. Cette politique est en train de tuer lentement les ingénieurs français et leur savoir-faire.

 

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Je compte sur vous…

A votre carrière

Jean

 
 
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3 Comments  comments 

3 réponses

  1. Frédéric

    Édifiant… C’est effectivement ce qu’il se passe dans 2 grands groupes où j’interviens.

    • SSII ESN

      Bonjour Frédéric,

      Cela m’attriste de lire votre remarque, mais c’est malheureusement une réalité…

      Bon courage

      N’hésitez pas à faire appel à moi si vous en avez besoin 🙂

  2. Tout e0 fait d accord. Je pense qu un gros proble8me en France est que l iutormafiqne n est pas suffisament inte9gre9 dans le business . On essaye de ge9rer la construction d un logiciel comme la construction d une voiture, on pense que tout peut eatre de9localise9 tant que le savoir (me9tier) reste en France.Il faut que les leaders d entrerpise comprennent l inte9reat que peut avoir un artisan du logiciel !

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